Les plans de sécurité incendie

Les plans de sécurité incendie dont l’affichage est obligatoire sont de deux types distincts.

D’une part les plans d’intervention qui sont destinés à faciliter l’intervention des secours lors d’un sinistre ayant lieu dans un établissement ; et d’autre part les plans d’évacuation qui, associés à une consigne de sécurité, sont des affichages préventifs informant sur l’organisation sécurité mise en place dans l’établissement pour réagir et agir en cas de sinistre.

Les plans d’intervention

Destinés aux intervenants qu’ils soient secours extérieurs (sapeurs-pompiers, …) ou équipes internes d’intervention (ESI), ils sont mis en place pour fournir les informations nécessaires pour gérer en cas de sinistre avec sécurité et efficacité une intervention dans l’établissement concerné.

Ils comportent notamment les informations sur :

  • la structure (accès, distribution, recoupements coupe-feu, façades accessibles, …)
  • la mise en sécurité des occupants
  • la gestion des énergies (coupures de l’électricité, du gaz, …)
  • l’existence de dangers spécifiques (stockages dangereux, activités particulières, …)
  • la localisation des moyens de secours fixes (colonnes sèches ou humides, SSI, …)

Prévus pour servir dans l’urgence, leur lisibilité et leur qualité graphique sont fondamentales pour qu’ils soient utilisables par les intervenants en situation dégradée (par exemple de nuit avec une lecture à la lampe torche). Dans ce but, la technique de dessin du plan est définie normativement (types et épaisseurs des traits, éléments à représenter, non reprise à l’identique de plans d’architecte, …) pour garantir leur adéquation au besoin.

Pour faciliter l’action de secours, les plans d’intervention sont affichés aux accès de bâtiment et reprennent l’ensemble des niveaux présentés de façon logique par rapport à la structure du bâtiment.
Pour garantir la lisibilité une échelle minimale est demandée ce qui fait qu’ils sont généralement de grande taille (format A2 ou plus grand). Il est cependant possible de les présenter sous la forme d’un ensemble de plans, à raison généralement d’un niveau par page, rassemblés dans « dossier d’intervention » (classeur ou équivalent) et affichés sous coffret aux accès.

Si un PC sécurité est présent dans l’établissement 24h/24, le dossier peut y être tenu à la disposition des services de secours et dans ce cas l’affichage n’est pas nécessaire.
Selon le risque ou le classement du bâtiment, on peut également trouver des plans d’intervention affichés dans des zones ou dans les étages (IGH par exemple).

Les plans d’évacuation et consignes de sécurité

Généralement couplée au plan d’évacuation pour répondre aux demandes réglementaires et normatives, la partie consigne présente les choix retenus par l’établissement pour l’organisation des actions à mener lors de la survenance d’un événement mettant en cause la sécurité des personnes. Elles reflètent les risques propres à chaque établissement et varient donc en fonction de ceux-ci.

On y trouve généralement les conduites à tenir en cas d’incendie, d’accident, d’évacuation, la mise en sécurité des personnes en situation de handicap, les numéros de téléphone d’urgence mais, en fonction des activités et risques de l’établissement, de nombreuses autres informations peuvent y figurer.

Elles peuvent aussi comporter l’indication des intervenants formés (équipiers de première intervention, de seconde intervention, chargés d’évacuation, sauveteurs secouristes du travail).

L’établissement étant responsable de l’organisation et de la prise en charge de l’évacuation, la partie plan associée à la consigne indique visuellement toutes les informations permettant d’assurer cette obligation. Il y figure la position des issues de secours du niveau auquel il se trouve.
Pour faciliter la lecture, les circulations principales et les escaliers sont clairement identifiés. Les plans n’ont d’ailleurs normativement pas besoin d’être détaillés et de représenter chaque salle ou bureau. Seuls les cheminements principaux sont exigés. De même, les types et tailles de traits de dessin répondent à une logique précise pour assurer une lecture simple car ils doivent permettre à chacun de se localiser facilement. D’autres informations y figurent nécessairement (emplacement des déclencheurs manuels d’alarme, des téléphones de secours, …) et d’autres peuvent y figurer (extincteurs, …).

Dans tous les cas, une légende reprend chacun des pictogrammes représentés sur le plan et donne leurs significations et pour l’efficacité de lecture, les plans comportent un repère « Vous êtes ici » et sont obligatoirement orientés par rapport à leur endroit de pose (les issues physiquement à gauche en lisant le plan sont indiquées à gauche sur le plan et inversement).

Les plans affichés dans les couloirs sont généralement demandés au format A3 ou dans une dimension approchante. Selon la taille du bâtiment, la lisibilité du plan peut être remise en cause si celui-ci est grand. La norme impose une échelle minimale de 1/250 afin de garantir cette lisibilité. Pour éviter des affichages trop grands, la norme permet de sectoriser le niveau, c’est-à-dire de ne voir que la partie représentant le secteur où le plan est affiché. Le secteur devra toujours inclure 2 issues de secours opposées. La sectorisation d’un plan est l’approche la plus logique et la plus lisible pour la compréhension de l’action d’évacuation en ne traitant que le secteur concerné.

L’ensemble plan d’évacuation et consigne est un outil de prévention. Son objectif est donc d’être accessible et visible en permanence comme source d’information mise à disposition de chacun afin d’anticiper et de rappeler les actions à réaliser et les cheminements à suivre en cas d’incendie. Autrement dit, ce n’est pas dans l’urgence qu’ils seront lus. Leur mise en place suit donc une logique « informative » et il est donc demandé qu’ils soient placés de manières visibles à des endroits de passage comme :

  • à proximité des ascenseurs et escaliers
  • à proximité des entrées et sorties du bâtiment
  • dans les couloirs
  • dans des espaces où des personnes peuvent se trouver rassemblées (salle de pose, …)

SUIVI :

L’importance de ces plans tant pour ce qui relève respectivement de l’intervention que de la cohésion organisationnelle font qu’il est logique qu’ils soient maintenus à jour, afin d’en garantir la pertinence et l’efficacité. En renfort de la logique, cette nécessité de mise à jour est une obligation réglementaire. Par exemple, il faut veiller à l’incidence :

  • des travaux et des restructurations des bâtiments
  • des adaptations par rapport à l’activité ou à de nouvelles règles
  • de l’évolution des noms et numéros de téléphone
  • de nouveaux process ou activités modifiant les risques

Comme règlementairement l’approche veut que ces documents soient « constamment à jour », il est normativement conseillé de procéder au moins une fois par an à leur contrôle car l’aspect organisationnel peut être modifié sans pour autant que des travaux aient été réalisés.